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Beyoncé – 4 (juin 2011)

Posté le 19 July 2011 par Mira

Ce n’est pas vraiment une chronique, plutôt un court billet consacré au 4ème album de Beyoncé, “4″, sorti le 28 juin dernier.

Beyoncé aurait enregistré plus de 70 morceaux pour ce nouvel album. 12 d’entre eux ont été retenus (+ ceux de l’édition Deluxe). L’album a été leaké plus de 3 semaines avant sa sortie. Ajoutez à cela une promo relativement légère comparée à celles des précédents opus, en tenant compte du fait que Beyoncé est une pop star. Sans oublier un lead single “Run The World (Girls)” assez indigeste, au mieux tout juste énergique. A priori, j’étais bien partie pour zapper “4″. Et finalement bien contente de ne pas l’avoir fait. Agréablement surprise par la tracklist.

Alors, Top Bof ou Flop ce nouvel album? A mon avis, ça dépend de quel point de vue on se place : 1/ Beyoncé est une pop star et, pour rester au top de sa popularité, elle doit être omniprésente dans les médias, faire du chiffre, être dans les charts. Avec les hits que ça implique. Pas sûre que “4″ soit suffisamment séduisant pour enchaîner hits sur hits. 2/ Même si elle fait moins bien que les 3 premiers opus, l’album s’est tout de même vendu à 310.000 copies la 1ère semaine de sa sortie, bien parti pour devenir (multi-)platine. Sans être une collection de singles-hits comme a pu l’être “I Am… Sasha Fierce”. Flop? pas forcément.

Mon Top 5 :

1/ Party (featuring Andre 3000) : ça c’est un featuring d’adulte. J’aime énormément la contribution d’Andre 3000 dans ce morceau qui sample le méga classique La Di Da Di de Doug E. Fresh et MC Ricky D. Un mid-tempo bien posé avec une instru très 80s, j’aime. Alors bon, certains pourraient reprocher à Beyoncé de sampler sans vergogne… mais comme le morceau est produit par Kanye West, j’y vois plutôt une équipe… qui a planché dessus, avec les influences des uns et des autres. “‘Cause we like to part-AAAYYY” excellent ^^

2/ Love On Top : là encore, influence très 80s dans ce morceau qui rappelle beaucoup Lies de Jonathan Butler en version féminine et contemporaine. The-Dream à la prod’ (bien présent sur une bonne moitié de l’album). Un bon titre digne d’une future trentenaire. Tant pis si les radios n’en veulent pas.

3/ 1+1 : oui, j’aime bien les ballades. Ce titre, écrit/produit par The-Dream & Tricky Stewart, a fait surface quelques semaines avant la sortie de l’album, tout de suite séduite par la simplicité de la mélodie. Et surprise de le voir en introduction de “4″ (tandis que l’étourdissant “Run The World (Girls)” ferme la marche, je m’attendais à l’inverse).

4/ I Miss You : ballade co-écrite par Frank Ocean, à qui beaucoup prédisent un brillant avenir comme le next big thing du R&B (perso, pour l’instant j’accroche pas et j’attends de voir…). Le morceau dure moins de 3 minutes, pas d’effets trop sophistiqués, je pourrais chanter le refrain en boucle…

5/ Rather Die Young : passées les 20 premières secondes de flottement, ce morceau sonne comme un mini clin d’œil aux ballades fin des années 70.

5 ex-æquo/ Countdown : un uptempo dynamique, bien plus agréable à mes oreilles que “Run The World” et “End of Time”. Et ce, même si Beyoncé et sa team ont sauvagement samplé l’intro de “Uhh Ahh”, une des nombreuses tueries du 1er album des Boyz II Men (CooleyHighHarmony en 1991). Mais plus je l’écoute, plus je me dis qu’en choisissant ce sample, elle nous rappelle qu’elle connait ses classiques (puis je pense que ses jeunes fans ne se sont pas rendus compte du clin d’œil Boyz II Men…).

Bof :

I Was Here : c’est toujours sympa d’avoir une ballade signée Diane Warren dans sa tracklist, mais là pour le coup ce titre n’a pas vraiment sa place dans “4″. Ni par ses textes ni par l’ambiance générale du morceau. Trop gnan-gnan. Puis l’idée de “laisser un héritage, son empreinte ici-bas, d’espérer que les gens ne l’oublient pas, blablabla” c’est un peu too much…. Beyoncé, tu n’as que 30 ans! Multiples récompenses, des millions de disques vendus, popularité, gloire, richesse. Ça va, il n’y a pas à s’inquiéter.

Start Over : j’accroche pas. Ni en coup de cœur ni après de multiples écoutes.

Run The World (Girls) : j’aime bien le beat mais la voix de Beyoncé posée dessus, une démarche empowerment féminin un peu trop agressive pour mes oreilles. Le beat sample “Pon de Floor” de Major Lazer. On retrouve d’ailleurs le duo Wesley “Diplo” Pentz et David “Switch” Taylor à la prod’ de ce 1er single, aux côtés de The-Dream.

Best Thing I Never Had : et ce n’est pas le nom de Babyface (entre autres) dans les songwriting credits de ce morceau qui me feront changer d’avis. Le concept est sympa, similaire à celui d’Irreplaceable, mais vite lassant.

Bref, avec une bonne équipe, de bons samples, de bonnes influences musicales, quelques prouesses vocales, Beyoncé s’en sort plutôt bien dans “4″. Et surtout après l’insipide “I Am… Sasha Fierce”.

Tracklist :

1. 1+1
2. I Care
3. I Miss You
4. Best Thing I Never Had
5. Party (featuring Andre 3000)
6. Rather Die Young
7. Start Over
8. Love On Top
9. Countdown
10.End Of Time
11.I Was Here
12.Run The World (Girls)

Edition Deluxe

1.  Lay Up Under Me
2. Schoolin’ Life
3. Dance For You
4. 5. 6. Run The World (Girls) (Remixes)


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Jagged Edge – The Remedy (juin 2011)

Posté le 01 July 2011 par Mira

Le nouvel album des Jagged Edge est sorti le 21 juin dernier. En bonne adepte de la procrastination, je l’ai laissé mariner une bonne dizaine de jours avant de me décider à écrire ce billet. Avantage : une oreille plus qu’attentive à la tracklist. Souci : le vif enthousiasme des premiers jours est retombé. Tour d’horizon de “The Remedy”, le 7ème album studio du groupe.

Plus d’un an après avoir lancé le single “Tip of My Tongue” sur lequel on retrouvait leurs compagnons de label, Trina et Gucci Mane, également signés chez Slip-N-Slide, les 4 membres de Jagged Edge sont enfin de retour dans les bacs. Étonnant d’ailleurs que “Tip of My Tongue” ne figure pas dans la tracklist finale. Et il aura fallu attendre près de 4 ans pour cela, après “Baby Makin’ Project”, leur 6ème album et le seul à ne pas avoir été certifié au minimum disque d’or. Un changement de label et une remise en question plus tard, il était compréhensible que le groupe prenne son temps.

Si on considère les 4 années d’absence comme une période assez longue, “The Remedy” est donc l’album du comeback. Et quand un groupe, qui a connu le succès à la fin des années 90, revient en 2011, il a le choix entre : 1/ continuer à faire la musique qui lui a apporté le succès et une base solide de fans, 2/ tenter d’élargir la fanbase, gagner de nouveaux fans, souvent plus jeunes, et donc prendre une nouvelle direction musicale, 3/ essayer de jongler entre les deux premières solutions : faire du neuf avec du vieux.

A l’écoute de “The Remedy”, le groupe a visiblement fait le choix de nous proposer du… Jagged Edge. Tout en vaporisant, ici et là, quelques gouttes de R&B “nouvelle génération”. La voix des jumeaux Brian & Brandon Casey toujours intacte. Comme si le quatuor ne s’était jamais absenté.

Mais donc, l’album est-il top ou bof? Clairement, je l’ai trouvé bon… sans être exceptionnel. Agréable… sans être inoubliable. Du Jagged Edge… sans être un classique de la trempe d’un “J.E Heartbreak” (2000). C’est tout le paradoxe de l’album en fait. Une tracklist solide… mais sans véritables titres-piliers. Car une fois les 3 singles officiels lancés (“Lay You Down” en juillet 2010, “Baby” en mars dernier, “Flow Through My Veins” au début du mois de juin), le reste de l’album est incroyablement homogène. Sans doute parce que les frères Casey en composent tous les titres (excepté “Baby”), et produisent 5 d’entre eux.

Cool & Dre (“Lay You Down”), Jim Jonsin (“Flow Through My Veins”), Gorilla Tek (“When The Bed Shakes”), Cainon Lamb et Bigg D sont à la production des autres morceaux… mais peu importe, la touche des Casey Boyz est omniprésente. Si vous connaissez (même un peu) les précédents albums de Jagged Edge, vous pouvez vous attendre à retrouver la même vibe sur “The Remedy”. Et personnellement, j’ai apprécié le fait de NE PAS être dépaysée.

Mon top 5 :

1/ “Flow Through My Veins”. Gros coup de cœur pour cette ballade mid-tempo produite par Jim Jonsin et typiquement marquée Jagged Edge. Morceau que j’aurais bien vu dans un de leurs 3 premiers albums. Si, pour vous, la mélodie prime sur tout le reste, ce titre devrait donc se démarquer ^^

2/ “Baby” : la formule n’est pas révolutionnaire : lancer un single frais et estival en samplant un classique des années 80. (Musiq Soulchild dans “Anything”, entre autres). Ici, le groupe a choisi “Happy” du groupe Surface. Un bon sample, une production hip-hop supplémentaire font de “Baby” le ticket jeune et sexy de “The Remedy”.

3/ “Mr. Wrong” : je suis une accro des ballades. La structure de celle-ci me rappelle les slowjams de la fin des années 90/début des années 2000. Pendant les 3 minutes 42 secondes que dure le morceau, j’ai l’impression d’entendre un mélange séduisant de Luther Vandross/Usher/KCi & JoJo/Boyz II Men/etc. (je parle bien entendu de la mélodie et du beat…  et non des voix ni des textes^^)

4/ “Lipstick” : pas parce que Rick Ross est invité sur ce titre, mais parce que j’aime bien le beat très années 90 du titre. Décrire la femme qu’un homme convoite (ici, ce sont plutôt 4 + 1 hommes) est ici exprimé dans une ambiance super estivale, comme dans “Baby”.

5/ “Love On You” : une des 5 prod’ signées par les frères Casey, visiblement bien ancrés dans le R&B de la fin des années 2000 dans ce morceau. Un des cinq sens est à l’honneur ici, le toucher et combien il est important (dans une relation amoureuse, entre autres).

5/ ex-æquo : l‘”Intro” qui est non seulement l’intro de l’album mais surtout le prélude de “Love On You”. L’ode romantique met en évidence le pouvoir guérisseur de l’amour. En 2 minutes, Jagged Edge nous donnent un avant-goût de “The Remedy”.

Les textes tournent autour de l’amour, du plaisir, de la rupture. Comme souvent. Mais au final, le plus intéressant dans l’album c’est la capacité des Jagged Edge à se renouveler tout en abordant les mêmes thèmes classiques de leurs précédents opus. Demeurer aussi frais qu’à leurs débuts. “The Remedy” se rattrapera là où “Baby Makin’ Project” (2006) n’a pas réussi : rassembler de nouveau les fans de la première heure autour du groupe.

Tracklist :

1.Intro
2.Love on You
3.Baby
4.Flow Through My Veins
5.My Girl
6.I Need a Woman
7.Lipstick (featuring Rick Ross)
8.Space Ship
9.Lay You Down
10.Let’s Make Love
11.When the Bed Shakes
12.Mr. Wrong

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HF – Good Times (2011)

Posté le 21 June 2011 par Mira

Un billet consacré au 3ème album d’Hélène Félix a.k.a HF, “Good Times”, sorti en mars de cette année. J’en avais parlé il y a 2 semaines, je découvrais alors une artiste funky-groovy à travers sa vidéo “Loving Every Minute”. J’ai enfin eu l’occasion d’écouter l’album en intégralité (merci Sèverine ;) ).

D’emblée j’ai envie de dire : soulagée… et ensuite agréablement surprise après l’écoute de “Good Times”. Soulagée parce que “Loving Every Minute” n’est pas l’unique bon morceau de l’album. Agréablement surprise parce que la tracklist contient en fait beaucoup de titres intéressants.

Ambiance funk-groove-soul-jazz, cet album multi-facettes brille par une musicalité soigneusement travaillée. Et justement, en faisant un tour sur Last.fm je découvre que HF est non seulement au chant mais aussi à la batterie, au piano, à la basse, à la programmation. Une implication qui se ressent dans les beats.

“Good Times” porte très bien son nom : de bons moments bien groovy même sur des textes plus sérieux (“You Repress” et son refrain à base de “I wanna live / I want peace of mind / I wanna find my lightness” ou “There’s nothing we can do” qui n’a rien de fataliste malgré son titre ^^).

Bonne humeur assurée avec “Loving Every Minute” (avec la vidéo ça passe encore mieux!), “Catch My Soul” et “Good Time”, des titres uptempo dynamiques dans lesquels HF déborde d’énergie.

Mais j’ai surtout apprécié les morceaux plus posés : le piano de “Angel” (et son refrain façon “bande originale de film”, très beau) ; “Soul” et son piano-électro-batterie bien tranquille ; le jazzy romantique “You and Me”. Et surtout “You’re free” et l’ambiance étourdissante des violons (ambiance très “B.O” aussi^^).

L’unique invité, Joce (aime bien sa voix!), apporte sa touche soul dans “Friends” qui clôture bien l’album. Ce morceau est comme l’équivalent frenchy d’un titre de Conya Doss, mêmes sonorités ^^

Ah puis, dernière chose : HF est une artiste française qui chante en anglais. L’accent frenchy n’est pas si désagréable lorsqu’il est bien accompagné musicalement ;) (mieux, elle articule super bien les textes, très accessibles, on se concentre d’autant plus aisément à son univers…).

Bref, “Good Times” est une jolie découverte, que les mélomanes apprécieront, je pense. L’album est disponible un peu partout, notamment sur Amazon.fr.

Page facebook de HF ^^

J’ai regroupé des extraits de l’album ci-dessous ;)

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Ledisi – Pieces Of Me (juin 2011)

Posté le 17 June 2011 par Mira

Elle a sorti 2 premiers albums en 2000 puis 2002, mais c’est véritablement en 2007 que Ledisi se fait un nom dans le milieu R&B grâce à “Lost & Found”, un 3ème album aux influences jazz et soul, 2 fois nominé aux Grammy Awards. Des influences qu’elle continue de cultiver dans “Turn Me Loose” en 2009, l’album de la confirmation, également 2 fois nominé aux Grammys!

Forcément, les attentes sont grandes autour de “Pieces of Me”, le 5ème album studio dans les bacs depuis le 14 juin. Tour d’horizon de ce que Miss Young considère comme son album le plus personnel, en se dévoilant, pièce par pièce. Verdict?

Dès la première écoute, on sent une artiste vocalement engagée. Qu’elle parle d’amour ou d’empowerment, Ledisi déborde de confiance en elle. Son enthousiasme à l’idée de parler de la femme qu’elle est (devenue?) transparaît dans l’ensemble de la tracklist. Pour l’aider dans sa démarche, la chanteuse s’est entourée de producteurs expérimentés (certains déjà présents dans les deux précédents opus) : Rex Rideout, Ivan & Carvin, Chuck Harmony, Claude Kelly, Mike City, etc.

A l’image du 1er morceau, “Pieces of Me”, le single-titre produit par Chuck Harmony et co-écrit par Claude Kelly. La ballade au piano est un savant mélange de légèreté (dans la mélodie et le beat) et de sérieux (dans les textes), dans laquelle Ledisi affirme volontiers qu’elle est une femme comme les autres, avec ses espoirs, ses galères et ses qualités. J’aime le ton utilisé, elle revendique volontiers être une femme complexe. Et tant pis pour les critiques, Ledisi répond d’un énergique “Shut Up”, titre produit par Mike City, et hop une nouvelle dose de “je suis comme je suis, shut up!” ^^ Idem pour “Hate Me”, puissante ballade soul dramatique aux sonorités 70s dans laquelle son ego prend le dessus “I know you hate me / But you can’t stop loving me”.

Dans le cas où le message n’aurait pas été suffisamment clair, Ledisi enchaîne ensuite avec des messages d’encouragement pour ses auditeurs : entre la soul oldie de “BGTY” (=”Be Good To Yourself”) produit par Salaam Remi, le beat et l’intro piano B.Cox-esque de “Bravo”, et la prod’ de Rex Rideout sur “Raise Up”, les titres parlent d’eux-mêmes et le mot d’ordre : surmonter les problèmes, cela passe par un optimisme à toute épreuve. Là encore, la voix jazzy/soul de Ledisi se prête bien aux messages qu’elle véhicule.

Ce qui fait la force de “Pieces of Me”, c’est que Ledisi ne se cantonne pas au registre “chansons à message” au risque de lasser les auditeurs. L’amour fait également partie des pièces du puzzle qu’est l’album.

Dans “Stay Together”, Ledisi est accompagnée par Jaheim dans un mid-tempo qui aurait bien pu figurer dans “Another Round”, le duo est efficace et le drame de la séparation est… évité. Complicité vocale, ambiance smooth, une collaboration à renouveler!

Quand tout va bien, la libido suit ^^ Ledisi ne s’en cache pas dans “Coffee” ou comment décrire l’homme qu’il lui faut en le comparant à un bon café, la mélodie soul aidant ; ni dans “So Into You” et son refrain addictif invitant à la sensualité. Vocalement, elle me rappelle légèrement Fantasia… (enfin, seulement sur ce titre… et ce n’est pas un compliment!)

Mais mes morceaux préférés de “Pieces of Me” sont les 2 slowjam langoureux : “I Miss You Now” écrit, entre autres, par John Legend, et “I Gotta Get To You”, l’excellente ballade néo-soul signée Ivan Barias & Carvin Haggins, le duo derrière les meilleurs titres de Musiq Soulchild. Pas étonnant qu’elle s’inscrive dans la lignée de leurs productions passées.

En bonus, “Turn Me Loose”, revisitée par Ledisi en version acoustique, une simple guitare-voix qui nous rappelle qu’elle une voix polyvalente, en fait. Soul oldie ou acoustique, jazz, R&B, peu importe l’instru, elle répond présente. L’autre bonus track s’intitule “Simple”, aux sonorités légèrement reggae, et des instruments mis en valeur. Harmonieux.

Bref, “Pieces of Me” est bien ficelé, agréable, sans fausse note à la production. Seul bémol : le raffinement de l’album peut être perçu comme étant trop lisse. Musicalement, les instru sont bien travaillées, les beats sont contemporains, plus R&B que les 2 précédents albums, mais plus légers aussi. Comme je l’ai dit dans un précédent billet, on est loin de l’ambiance très soul (et plus brute) de “Turn Me Loose”. Après, c’est une question de goût, le virage plus R&B que Ledisi prend cette année ne me déplaît pas… en fin de compte. Il est d’ailleurs bien probable qu’elle gagne de nouveaux fans grâce à cet album.

Top : “I Gotta Get To You” ; “I Miss You Now” ; “Pieces of Me” ; “Stay Together” ; “Shut Up”

Bof : “Shine” ; “BGTY” (assez des tentatives de soul oldie 70s!) ; “Raise Up” (n’est pas Patti LaBelle qui veut)

Tracklist :

1. Pieces of Me
2. So Into You
3. Bravo
4. Stay Together
5. Coffee
6. Hate Me
7. Shut Up
8. Shine
9. I Miss You Now
10. BGTY
11. Raise Up
12. I Gotta Get to You
13. Simple (Bonus Track)
14. Turn Me Loose (Unplugged) (Bonus Track)

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Musiq Soulchild – MusiqInTheMagiq (mai 2011)

Posté le 07 May 2011 par Mira

Ce que j’admire chez Musiq Soulchild : 11 ans après “Aijuswanaseing” (2000), sa musique est toujours aussi bien travaillée qu’à ses débuts. Tout simplement parce qu’à chaque nouvel album qu’il sort,  il fait comme si c’était le premier. Et c’est dans cette optique qu’il nous propose “MusiqInTheMagiq”, dans les bacs depuis le 3 mai. Le 6ème album d’une carrière loin d’être sur le déclin pour un artiste loin d’être blasé.

Depuis son arrivée au sein du label Atlantic Records en 2007, année de sortie de “Luvanmusiq”, j’ai comme l’impression que Musiq a adopté la stratégie surprenante (mais risquée) de lancer des 1ers singles peu représentatifs du contenu des albums.

Et c’est encore le cas cette année. Le premier single “Anything” (feat. Swizz Beatz) est à “MusiqInTheMagiq” ce que “B.U.D.D.Y” est à “Luvanmusiq”, et surtout ce que “Radio” est à “OnMyRadio” (2008) : des premiers single déconcertants. Je me pose tout de suite des questions sur ce que sera l’album (j’avais surtout flippé après la 1ère écoute de “Radio”!!). Heureusement, je suis vite rassurée ensuite : Musiq Soulchild dévoile ses cartes petit à petit mais au final, ses mains sont toujours gagnantes.

- “Anything” (feat. Swizz Beatz) : lorsque Musiq a dévoilé ce lead single il y a quelques mois, j’avais peur que Swizz Beatz soit le premier d’une longue liste d’invités sur l’album. Je n’ai rien contre les featurings, mais en général je préfère quand il y en a peu. Dans cette prod’ signée Jerry “Wonda” Duplessis, Musiq emprunte l’instru du morceau 80s “Walking Into Sunshine” du groupe de funk britannique Central Line, en y apportant une énergie supplémentaire et une touche pré-estivale agréable à l’écoute. MAIS ce n’est pas le meilleur morceau de l’album. Pour rappel, ce n’est pas la première fois qu’il pioche dans sa playlist spéciale années 80 : Musiq Soulchild avait aussi samplé le beat du morceau de Taana Gardner intitulé “Heartbeat” (1981) pour “B.U.D.D.Y” en 2007.

- “Single” : contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, il ne s’agit pas d’un n-ième morceau sur la vie idyllique d’un célibataire libre comme l’air et qui drague tout ce qui bouge. Au contraire. Musiq met en scène un homme et une femme attirés l’un à l’autre mais le gars est déjà engagé dans une autre relation et tient à le rester. Et ça donne un refrain comme “If I met you when I was single, we’d  probably could have been something more (for sure), because you’re beautiful. But you should know, that I found my girl,  and I know I love her,  so I just gotta go.”  (si je t’avais rencontré quand j’étais célibataire, on aurait été plus (que des amis). Mais tu devrais savoir que j’ai déjà quelqu’un et je l’aime. Donc.. je dois y aller). Ça fait plaisir d’écouter de la soul music mise en valeur avec des textes pour adultes.

- “SayIdo” : Musiq continue sur sa lancée “homme mature” dans ce morceau produit par Jerry Wonda. Et en bonus, un falsetto sympathiquement déployé tout au long du mid-tempo. “if we were famous or nameless / girl it won’t matter to me… and if it’s the ghetto or the good life / Hollywood or the hood / girl it’s whatever”. Engagement là encore, j’aime beaucoup l’effet falsetto vulnérable qui rend la déclaration encore plus sincère.

- “LoveContract” : Tout de suite, j’ai pensé à un morceau de Raphael Saadiq, j’ai dû me refaire sa discographie pour me rendre compte que “LoveContract” ressemble beaucoup trop à “Love That Girl”!! La vibe old school sixties est évidente. Je sens pourtant comme un vent de fraîcheur dans cette prod’ signée ELEMENT, team norvégienne orientée soul/hip-hop (à ne pas confondre avec Stargate, l’autre team norvégienne spécialisée pop/R&B). Equipe à qui l’on doit, entre autres, la version “Beggin’” de Madcon en 2008 et plus récemment le single “It’s OK” de Cee-Lo Green. Il a fallu que Musiq suive, lui aussi, dans la tendance du revival oldie…. Passons.

- “Silver&Gold” : excellent morceau. Prod’ Jerry Wonda avec une ambiance “enregistrement en live”, j’aime beaucoup quand les instruments se font bien entendre, sans pour autant surcharger la chanson. Et si en plus le thème de l’engagement durable est abordé, je ne peux qu’apprécier. “I will take you when you fall / I will answer when you call / I’ll always lend a hand when you need a friend / My love will never get old / it’s better than silver and gold”. Dans son message, cette chanson me rappelle énormément “DontChange” qui, 9 ans après sa sortie, est toujours dans mon top 3 des ballades de Musiq Souchild.

- “WaitingStill” : wow! là encore, le falsetto de Musiq Soulchild fait son petit effet. Il faut croire qu’il se sent à l’aise dans ce registre. Un mid-tempo avec une excellente base de guitare et une musique sur laquelle El DeBarge ou Babyface auraient pu chanter. Et toujours du sérieux dans les textes. “I do it for you, I do it for us, I do it so one day we can turn this love into a house and a home.  Where you will never have to be alone and I promise you I’ll make it, I will…I hope you’re waiting still.” En clair, il espère qu’elle l’attendra quoi qu’il arrive, que tout ce qu’il fait est pour l’avenir du couple… Bon, à toute la nouvelle génération de jeunots qui s’improvisent crooners >> écoutez et prenez exemple!

- “BackToWhere” : quand Musiq Soulchild combine R&B/neo-soul ça donne un morceau que je risque d’écouter en boucle ces prochaines semaines! J’ai bien aimé l’intro en gamme chromatique au piano que les fans de Donny Hathaway ne manqueront pas de comparer à celle de “A Song For You”. Difficile de faire plus ressemblant! Mais juste l’intro, parce qu’ensuite, c’est un excellent morceau R&B, quand Musiq répète les fins de phrase “back to where/ back back to where” puis “with you / with you/ with you”, on aurait dit une prod’ de The-Dream… en nettement plus haut de gamme!

- “DoWeHaveTo” : sans hésiter dans mon Top 3 de cet album. Tant par rapport à la mélodie que par rapport au thème, c’est le Musiq Soulchild que j’aime. Et hop, encore une intro à la Donny Hathaway (j’adore!) et “Do we have to fight all night / I just wanna love you”. En clair, faire marcher une relation sur le long-terme est suffisamment difficile pour qu’en plus l’un des deux (ici en l’occurrence, la femme) soit abonné aux disputes/scènes de ménage/prises de tête. Sérieusement, Musiq a tout compris!

- “BeFriends” : plus j’avance dans la tracklist, plus “MusiqInTheMagiq” marque des points. “No I don’t wanna be friends, ’cause I’ve already started loving you”. Tous ceux qui ont déjà été dans la “zone amitié” tout en espérant être plus que l’ami(e) de l’autre n’auront aucun mal à comprendre la situation de Musiq dans ce morceau 100% neo-soul qui passe vraiment bien.

- “Yes” : le 2ème single officiel est, comme “LoveContract”, produit par ELEMENT. Quand Musiq a décidé de s’engager durablement dans la relation, on peut être sûr qu’il tiendra ses promesses. “When 2 or 3 years from now, you start having some doubts about if this love will last, the answer is Yes,” / “Cause I love you, all I care about is your hapiness, so the answer is Yes”. WOW!

- “Medicine” : musicalement, je pense que ce morceau aurait pu être placé juste après “BeFriends”. A ce niveau de l’album, je ne perçois aucune connotation sexuelle quand il chante “Turn the lights, down low /  find some music, turn off your phone / come to me, let me be your medicine / I can be your medicine”. Ça reste cohérent avec le reste de la tracklist. J’apprécie d’entendre la voix de Musiq assurer toute la partie mélodique sur une instru minimaliste.  “SoBeautiful” a trouvé son successeur version 2011!

- “LikeTheSun” : ça aurait pu mais non, ce n’est pas une production de Ryan Leslie. Juste une nouvelle direction musicale testée par Musiq. Le synthétiseur et les effets futuristes, pas trop mon truc mais c’est bien au-dessus des autres titres actuels similaires à ce style (Drake, Chris Brown, si vous me lisez). Un trip expérimental qu’il risque de renouveler sur ses prochains albums. Enfin, tant que ça reste de l’extra (1 morceau par album, pas plus!)…

Bref, “MusiqInTheMagiq” est à la fois la continuité et le renouveau de ses prédécesseurs. Dans un premier temps, je l’ai entamé en ayant déjà une idée préconçue de ce que j’attendais de l’album. Donc forcément surprise par certains titres. Mais ce 6ème opus vaut le détour, plus je l’écoute, plus je l’apprécie. Le grand absent de la trackliste finale est, à mon avis, le titre “Alphabet”, qui circulait pourtant depuis mars. N’y avait-il vraiment aucune place pour ce morceau? (n’est pas non plus dans l’édition Deluxe ni l’édition iTunes…)

Les autres grands absents qui font que “MusiqInTheMagiq” n’aura sans doute pas le statut de “classique” ou “référence” comme “Aijuswanaseing” ou “Juslisen”: les collaborateurs de longue date, le duo Ivan Barias & Carvin Haggins à l’origine de quelques-uns de ses meilleurs titres (et ultra présents sur les 4 premiers albums!), ainsi que le producteur James Poyser qui aurait pu, lui aussi, apporter sa touche pour faire de l’album un classique incontournable.

Tracklist :

1.Anything (featuring Swizz Beatz)
2.Single
3.SayIDo
4.LoveContract
5.Silver&Gold
6.WaitingStill
7.BackToWhere
8.Dowehaveto
9.Befriends
10.Yes
11.Medicine
12.LikeTheSun

httpvp://www.youtube.com/view_play_list?p=C3274CD691704D78

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