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Brian McKnight – Just Me (2011)

Posté le 25 August 2011 par Mira

Il m’a fallu un bon mois et demi avant de me décider à écrire ce billet sur le nouvel album de Brian McKnight, “Just Me”, son 12ème opus studio, dans les bacs depuis le 12 juillet dernier.

Du coup j’ai eu le temps de bien l’écouter et… d’être plus cool par rapport à son contenu.

Bon déjà, les fans de la première heure ont sûrement apprécié l’idée du double CD de “Just Me” : un premier disque contenant 10 nouvelles chansons (sur lesquelles je m’attarderai dans ce post) et un second disque spécial live acoustique d’un concert enregistré en février dernier à Los Angeles. Très agréable 2ème galette dans laquelle l’artiste reprend, en acoustique (et parfois avec ses fils), les meilleurs morceaux de sa discographie, ainsi qu’une poignée de reprises/remake bien sympathiques. A écouter sans modération, le Brian a de l’humour aussi ^^

Pour en revenir au Disque 1, puisqu’il ne contient que des nouvelles chansons… Attention, on aime ou on n’aime pas : depuis ses 2/3 derniers albums déjà, Brian McKnight fait de son mieux pour continuer de nous proposer un son frais, contemporain, tout en restant fidèle à la musique smooth de ses débuts. Un peu comme dans son précédent opus, Evolution of A Man” (octobre 2009). Une préoccupation qui demeure palpable dans “Just Me” : sa voix est toujours aussi soft qu’il y a une quinzaine d’années, mais BMK s’est aventuré à sortir hors de sa zone de confort (les douces ballades au piano) pour nous offrir du son nettement plus moderne (autotune!!! bien trop loin de ladite zone de confort!), bien aidé par ses fils Brian Jr. Niko McKnight, qui l’accompagnent à la production d’une bonne partie de cet album.

1/ Temptation (featuring Brian McKnight Jr.) : Brian McKnight me fait une grosse impression d’entrée avec ce morceau et son ambiance très 90s. Accompagné de son fils ainé Brian Jr. (qui chante le premier couplet et avec une telle aisance, j’aime sa voix), BMK aborde le thème de la fidélité (ne pas succomber à la tentation) dans cette ballade qui n’est pas sans rappeler la vibe de I Want You (de Marvin Gaye) en plus moderne. Les “ooh ooh”, l’instru, ce petit quelque chose sexy… Non?

2/ Fall 5.0 : j’avais suffisamment déploré l’usage d’autotune dans ce post écrit en avril, aujourd’hui je revois légèrement ma copie en me disant que le morceau n’est pas si mal, l’instru est plus que correcte, plutôt addictive. On sent l’influence de ses fils (ah la jeunesse haha), mais je le redis : ce titre aurait pu figurer dans n’importe lequel de ses précédents albums s’il n’avait pas été autotuné. Donc… le son reste du Brian McKnight. Mais je persiste à croire que l’artiste aurait pu se passer de cet artifice, qui ne le met pas en valeur. J’espère qu’il n’a pas perdu de fans en chemin…

3/ One Mo’ Time : bon, Brian McKnight a décidé de suivre, lui aussi, le courant du revival soul oldie comme RayRay Saadiq, Musiq Soulchild et autres Cee Lo Green, dans ce titre, pas mal inspiré du mythique Earth Angel (du groupe The Penguins mais largement repris par d’autres groupes ces 40 dernières années). Là encore, dans une ambiance soul et blues allégée. Pas mal. Pas maladroit dans les textes. Mais vite lassant musicalement.

4/ Gimme Yo Love : ah j’aime bien ce morceau même si un peu chargé en background. Une bonne ambiance uptempo, pas loin de ce que Brian McKnight nous proposait au début des années 2000. Et plutôt léger… dans le bon sens du terme.

5/ Husband 2.1 : je sors mon CARTON ROUGE sur ce titre!! Je n’aime pas du tout. L’essai rock, je n’adhère pas. Et les textes… Passer du “je suis fidèle” dans Temptation à “j’ai une aventure avec une femme mariée” dans ce titre… grosse faute de goût.

6/ Without You : vous aussi vous trouvez que ça sonne Stevie Wonder des années 70? Ce n’est pas un reproche, bien au contraire. Musicalement, j’aime énormément, c’est très léger (oui je sais, toujours le même adjectif mais c’est le mot!). Par contre les textes “j’ai fait le tour du monde, je n’ai trouvé personne comme toi”… très cliché. Brian McKnight aurait pu mieux faire, vu son expérience.

7/ Just Lemme Know : l’intro a beau durer une trentaine de secondes, ça passe quand même bien à mes oreilles. Brian McKnight explore ici le thème du triangle amoureux, lui attendant une femme déchirée entre deux hommes. Sa voix est intacte. Tellement douce. Le morceau est pas mal. Mais pas inoubliable.

8/ End and Beginning With You : du classique Brian McKnight, il nous propose un son de ce type (musicalement parlant) pratiquement sur chaque album. C’est un peu le “I Do” (extrait de “Ten” en 2006). [Edit : ce morceau devait en fait figurer dans son précédent album "Evolution of A Man", mais n'a finalement pas été retenu, sans douté leaké trop tôt. BMK l'a réarrangé et hop, le voici dans sa version 2011.]

9/ Careless Whisper : Brian McKnight nous délivre un remake jazzy du classique hit 80s de George Michael. J’ai pas accroché. La reprise est sympa mais trop smooth, du coup trop molle à mon avis. Et j’apprécie moyennement le tempo… trop downtempo. Bon après, sa voix vient sauver le tout, comme d’habitude ^^

10/ Just Me : et voilà, déjà la fin du Disc 1. Une ballade gospel au piano qui pourrait aisément figurer dans une bande originale de film. Et joliment chantée pour terminer l’album. “I may not be all, that you hoped I would be/ but I am…. just me.” ou encore “Life can be shit/I wouldn’t change one day of it.”. Franc, j’apprécie. Mais je préfère les ballades “déclaration d’amour” à la Another You (extrait de Evolution of A Man)

En gros, un album correct. Pas inoubliable. Devrait ravir les fans les plus fidèles. Mais pas représentatif de l’ensemble de sa discographie, surtout si on cherche à (re)découvrir l’artiste. Par contre, gros coup de cœur pour le Disc 2, le live acoustique vaut vraiment le détour! ;)

Tracklist :

Disc 1
1/ Temptation (featuring Brian McKnight Jr.)
2/ Fall 5.0
3/ One Mo’ Time
4/ Gimme Yo Love
5/ Husband 2.1
6/ Without You
7/ Just Lemme Know
8/ End and Beginning With You
9/ Careless Whisper
10/ Just Me

Disc 2 : Live Album Acoustique


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Jagged Edge – The Remedy (juin 2011)

Posté le 01 July 2011 par Mira

Le nouvel album des Jagged Edge est sorti le 21 juin dernier. En bonne adepte de la procrastination, je l’ai laissé mariner une bonne dizaine de jours avant de me décider à écrire ce billet. Avantage : une oreille plus qu’attentive à la tracklist. Souci : le vif enthousiasme des premiers jours est retombé. Tour d’horizon de “The Remedy”, le 7ème album studio du groupe.

Plus d’un an après avoir lancé le single “Tip of My Tongue” sur lequel on retrouvait leurs compagnons de label, Trina et Gucci Mane, également signés chez Slip-N-Slide, les 4 membres de Jagged Edge sont enfin de retour dans les bacs. Étonnant d’ailleurs que “Tip of My Tongue” ne figure pas dans la tracklist finale. Et il aura fallu attendre près de 4 ans pour cela, après “Baby Makin’ Project”, leur 6ème album et le seul à ne pas avoir été certifié au minimum disque d’or. Un changement de label et une remise en question plus tard, il était compréhensible que le groupe prenne son temps.

Si on considère les 4 années d’absence comme une période assez longue, “The Remedy” est donc l’album du comeback. Et quand un groupe, qui a connu le succès à la fin des années 90, revient en 2011, il a le choix entre : 1/ continuer à faire la musique qui lui a apporté le succès et une base solide de fans, 2/ tenter d’élargir la fanbase, gagner de nouveaux fans, souvent plus jeunes, et donc prendre une nouvelle direction musicale, 3/ essayer de jongler entre les deux premières solutions : faire du neuf avec du vieux.

A l’écoute de “The Remedy”, le groupe a visiblement fait le choix de nous proposer du… Jagged Edge. Tout en vaporisant, ici et là, quelques gouttes de R&B “nouvelle génération”. La voix des jumeaux Brian & Brandon Casey toujours intacte. Comme si le quatuor ne s’était jamais absenté.

Mais donc, l’album est-il top ou bof? Clairement, je l’ai trouvé bon… sans être exceptionnel. Agréable… sans être inoubliable. Du Jagged Edge… sans être un classique de la trempe d’un “J.E Heartbreak” (2000). C’est tout le paradoxe de l’album en fait. Une tracklist solide… mais sans véritables titres-piliers. Car une fois les 3 singles officiels lancés (“Lay You Down” en juillet 2010, “Baby” en mars dernier, “Flow Through My Veins” au début du mois de juin), le reste de l’album est incroyablement homogène. Sans doute parce que les frères Casey en composent tous les titres (excepté “Baby”), et produisent 5 d’entre eux.

Cool & Dre (“Lay You Down”), Jim Jonsin (“Flow Through My Veins”), Gorilla Tek (“When The Bed Shakes”), Cainon Lamb et Bigg D sont à la production des autres morceaux… mais peu importe, la touche des Casey Boyz est omniprésente. Si vous connaissez (même un peu) les précédents albums de Jagged Edge, vous pouvez vous attendre à retrouver la même vibe sur “The Remedy”. Et personnellement, j’ai apprécié le fait de NE PAS être dépaysée.

Mon top 5 :

1/ “Flow Through My Veins”. Gros coup de cœur pour cette ballade mid-tempo produite par Jim Jonsin et typiquement marquée Jagged Edge. Morceau que j’aurais bien vu dans un de leurs 3 premiers albums. Si, pour vous, la mélodie prime sur tout le reste, ce titre devrait donc se démarquer ^^

2/ “Baby” : la formule n’est pas révolutionnaire : lancer un single frais et estival en samplant un classique des années 80. (Musiq Soulchild dans “Anything”, entre autres). Ici, le groupe a choisi “Happy” du groupe Surface. Un bon sample, une production hip-hop supplémentaire font de “Baby” le ticket jeune et sexy de “The Remedy”.

3/ “Mr. Wrong” : je suis une accro des ballades. La structure de celle-ci me rappelle les slowjams de la fin des années 90/début des années 2000. Pendant les 3 minutes 42 secondes que dure le morceau, j’ai l’impression d’entendre un mélange séduisant de Luther Vandross/Usher/KCi & JoJo/Boyz II Men/etc. (je parle bien entendu de la mélodie et du beat…  et non des voix ni des textes^^)

4/ “Lipstick” : pas parce que Rick Ross est invité sur ce titre, mais parce que j’aime bien le beat très années 90 du titre. Décrire la femme qu’un homme convoite (ici, ce sont plutôt 4 + 1 hommes) est ici exprimé dans une ambiance super estivale, comme dans “Baby”.

5/ “Love On You” : une des 5 prod’ signées par les frères Casey, visiblement bien ancrés dans le R&B de la fin des années 2000 dans ce morceau. Un des cinq sens est à l’honneur ici, le toucher et combien il est important (dans une relation amoureuse, entre autres).

5/ ex-æquo : l‘”Intro” qui est non seulement l’intro de l’album mais surtout le prélude de “Love On You”. L’ode romantique met en évidence le pouvoir guérisseur de l’amour. En 2 minutes, Jagged Edge nous donnent un avant-goût de “The Remedy”.

Les textes tournent autour de l’amour, du plaisir, de la rupture. Comme souvent. Mais au final, le plus intéressant dans l’album c’est la capacité des Jagged Edge à se renouveler tout en abordant les mêmes thèmes classiques de leurs précédents opus. Demeurer aussi frais qu’à leurs débuts. “The Remedy” se rattrapera là où “Baby Makin’ Project” (2006) n’a pas réussi : rassembler de nouveau les fans de la première heure autour du groupe.

Tracklist :

1.Intro
2.Love on You
3.Baby
4.Flow Through My Veins
5.My Girl
6.I Need a Woman
7.Lipstick (featuring Rick Ross)
8.Space Ship
9.Lay You Down
10.Let’s Make Love
11.When the Bed Shakes
12.Mr. Wrong

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Ledisi – Pieces Of Me (juin 2011)

Posté le 17 June 2011 par Mira

Elle a sorti 2 premiers albums en 2000 puis 2002, mais c’est véritablement en 2007 que Ledisi se fait un nom dans le milieu R&B grâce à “Lost & Found”, un 3ème album aux influences jazz et soul, 2 fois nominé aux Grammy Awards. Des influences qu’elle continue de cultiver dans “Turn Me Loose” en 2009, l’album de la confirmation, également 2 fois nominé aux Grammys!

Forcément, les attentes sont grandes autour de “Pieces of Me”, le 5ème album studio dans les bacs depuis le 14 juin. Tour d’horizon de ce que Miss Young considère comme son album le plus personnel, en se dévoilant, pièce par pièce. Verdict?

Dès la première écoute, on sent une artiste vocalement engagée. Qu’elle parle d’amour ou d’empowerment, Ledisi déborde de confiance en elle. Son enthousiasme à l’idée de parler de la femme qu’elle est (devenue?) transparaît dans l’ensemble de la tracklist. Pour l’aider dans sa démarche, la chanteuse s’est entourée de producteurs expérimentés (certains déjà présents dans les deux précédents opus) : Rex Rideout, Ivan & Carvin, Chuck Harmony, Claude Kelly, Mike City, etc.

A l’image du 1er morceau, “Pieces of Me”, le single-titre produit par Chuck Harmony et co-écrit par Claude Kelly. La ballade au piano est un savant mélange de légèreté (dans la mélodie et le beat) et de sérieux (dans les textes), dans laquelle Ledisi affirme volontiers qu’elle est une femme comme les autres, avec ses espoirs, ses galères et ses qualités. J’aime le ton utilisé, elle revendique volontiers être une femme complexe. Et tant pis pour les critiques, Ledisi répond d’un énergique “Shut Up”, titre produit par Mike City, et hop une nouvelle dose de “je suis comme je suis, shut up!” ^^ Idem pour “Hate Me”, puissante ballade soul dramatique aux sonorités 70s dans laquelle son ego prend le dessus “I know you hate me / But you can’t stop loving me”.

Dans le cas où le message n’aurait pas été suffisamment clair, Ledisi enchaîne ensuite avec des messages d’encouragement pour ses auditeurs : entre la soul oldie de “BGTY” (=”Be Good To Yourself”) produit par Salaam Remi, le beat et l’intro piano B.Cox-esque de “Bravo”, et la prod’ de Rex Rideout sur “Raise Up”, les titres parlent d’eux-mêmes et le mot d’ordre : surmonter les problèmes, cela passe par un optimisme à toute épreuve. Là encore, la voix jazzy/soul de Ledisi se prête bien aux messages qu’elle véhicule.

Ce qui fait la force de “Pieces of Me”, c’est que Ledisi ne se cantonne pas au registre “chansons à message” au risque de lasser les auditeurs. L’amour fait également partie des pièces du puzzle qu’est l’album.

Dans “Stay Together”, Ledisi est accompagnée par Jaheim dans un mid-tempo qui aurait bien pu figurer dans “Another Round”, le duo est efficace et le drame de la séparation est… évité. Complicité vocale, ambiance smooth, une collaboration à renouveler!

Quand tout va bien, la libido suit ^^ Ledisi ne s’en cache pas dans “Coffee” ou comment décrire l’homme qu’il lui faut en le comparant à un bon café, la mélodie soul aidant ; ni dans “So Into You” et son refrain addictif invitant à la sensualité. Vocalement, elle me rappelle légèrement Fantasia… (enfin, seulement sur ce titre… et ce n’est pas un compliment!)

Mais mes morceaux préférés de “Pieces of Me” sont les 2 slowjam langoureux : “I Miss You Now” écrit, entre autres, par John Legend, et “I Gotta Get To You”, l’excellente ballade néo-soul signée Ivan Barias & Carvin Haggins, le duo derrière les meilleurs titres de Musiq Soulchild. Pas étonnant qu’elle s’inscrive dans la lignée de leurs productions passées.

En bonus, “Turn Me Loose”, revisitée par Ledisi en version acoustique, une simple guitare-voix qui nous rappelle qu’elle une voix polyvalente, en fait. Soul oldie ou acoustique, jazz, R&B, peu importe l’instru, elle répond présente. L’autre bonus track s’intitule “Simple”, aux sonorités légèrement reggae, et des instruments mis en valeur. Harmonieux.

Bref, “Pieces of Me” est bien ficelé, agréable, sans fausse note à la production. Seul bémol : le raffinement de l’album peut être perçu comme étant trop lisse. Musicalement, les instru sont bien travaillées, les beats sont contemporains, plus R&B que les 2 précédents albums, mais plus légers aussi. Comme je l’ai dit dans un précédent billet, on est loin de l’ambiance très soul (et plus brute) de “Turn Me Loose”. Après, c’est une question de goût, le virage plus R&B que Ledisi prend cette année ne me déplaît pas… en fin de compte. Il est d’ailleurs bien probable qu’elle gagne de nouveaux fans grâce à cet album.

Top : “I Gotta Get To You” ; “I Miss You Now” ; “Pieces of Me” ; “Stay Together” ; “Shut Up”

Bof : “Shine” ; “BGTY” (assez des tentatives de soul oldie 70s!) ; “Raise Up” (n’est pas Patti LaBelle qui veut)

Tracklist :

1. Pieces of Me
2. So Into You
3. Bravo
4. Stay Together
5. Coffee
6. Hate Me
7. Shut Up
8. Shine
9. I Miss You Now
10. BGTY
11. Raise Up
12. I Gotta Get to You
13. Simple (Bonus Track)
14. Turn Me Loose (Unplugged) (Bonus Track)

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Musiq Soulchild – MusiqInTheMagiq (mai 2011)

Posté le 07 May 2011 par Mira

Ce que j’admire chez Musiq Soulchild : 11 ans après “Aijuswanaseing” (2000), sa musique est toujours aussi bien travaillée qu’à ses débuts. Tout simplement parce qu’à chaque nouvel album qu’il sort,  il fait comme si c’était le premier. Et c’est dans cette optique qu’il nous propose “MusiqInTheMagiq”, dans les bacs depuis le 3 mai. Le 6ème album d’une carrière loin d’être sur le déclin pour un artiste loin d’être blasé.

Depuis son arrivée au sein du label Atlantic Records en 2007, année de sortie de “Luvanmusiq”, j’ai comme l’impression que Musiq a adopté la stratégie surprenante (mais risquée) de lancer des 1ers singles peu représentatifs du contenu des albums.

Et c’est encore le cas cette année. Le premier single “Anything” (feat. Swizz Beatz) est à “MusiqInTheMagiq” ce que “B.U.D.D.Y” est à “Luvanmusiq”, et surtout ce que “Radio” est à “OnMyRadio” (2008) : des premiers single déconcertants. Je me pose tout de suite des questions sur ce que sera l’album (j’avais surtout flippé après la 1ère écoute de “Radio”!!). Heureusement, je suis vite rassurée ensuite : Musiq Soulchild dévoile ses cartes petit à petit mais au final, ses mains sont toujours gagnantes.

- “Anything” (feat. Swizz Beatz) : lorsque Musiq a dévoilé ce lead single il y a quelques mois, j’avais peur que Swizz Beatz soit le premier d’une longue liste d’invités sur l’album. Je n’ai rien contre les featurings, mais en général je préfère quand il y en a peu. Dans cette prod’ signée Jerry “Wonda” Duplessis, Musiq emprunte l’instru du morceau 80s “Walking Into Sunshine” du groupe de funk britannique Central Line, en y apportant une énergie supplémentaire et une touche pré-estivale agréable à l’écoute. MAIS ce n’est pas le meilleur morceau de l’album. Pour rappel, ce n’est pas la première fois qu’il pioche dans sa playlist spéciale années 80 : Musiq Soulchild avait aussi samplé le beat du morceau de Taana Gardner intitulé “Heartbeat” (1981) pour “B.U.D.D.Y” en 2007.

- “Single” : contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, il ne s’agit pas d’un n-ième morceau sur la vie idyllique d’un célibataire libre comme l’air et qui drague tout ce qui bouge. Au contraire. Musiq met en scène un homme et une femme attirés l’un à l’autre mais le gars est déjà engagé dans une autre relation et tient à le rester. Et ça donne un refrain comme “If I met you when I was single, we’d  probably could have been something more (for sure), because you’re beautiful. But you should know, that I found my girl,  and I know I love her,  so I just gotta go.”  (si je t’avais rencontré quand j’étais célibataire, on aurait été plus (que des amis). Mais tu devrais savoir que j’ai déjà quelqu’un et je l’aime. Donc.. je dois y aller). Ça fait plaisir d’écouter de la soul music mise en valeur avec des textes pour adultes.

- “SayIdo” : Musiq continue sur sa lancée “homme mature” dans ce morceau produit par Jerry Wonda. Et en bonus, un falsetto sympathiquement déployé tout au long du mid-tempo. “if we were famous or nameless / girl it won’t matter to me… and if it’s the ghetto or the good life / Hollywood or the hood / girl it’s whatever”. Engagement là encore, j’aime beaucoup l’effet falsetto vulnérable qui rend la déclaration encore plus sincère.

- “LoveContract” : Tout de suite, j’ai pensé à un morceau de Raphael Saadiq, j’ai dû me refaire sa discographie pour me rendre compte que “LoveContract” ressemble beaucoup trop à “Love That Girl”!! La vibe old school sixties est évidente. Je sens pourtant comme un vent de fraîcheur dans cette prod’ signée ELEMENT, team norvégienne orientée soul/hip-hop (à ne pas confondre avec Stargate, l’autre team norvégienne spécialisée pop/R&B). Equipe à qui l’on doit, entre autres, la version “Beggin’” de Madcon en 2008 et plus récemment le single “It’s OK” de Cee-Lo Green. Il a fallu que Musiq suive, lui aussi, dans la tendance du revival oldie…. Passons.

- “Silver&Gold” : excellent morceau. Prod’ Jerry Wonda avec une ambiance “enregistrement en live”, j’aime beaucoup quand les instruments se font bien entendre, sans pour autant surcharger la chanson. Et si en plus le thème de l’engagement durable est abordé, je ne peux qu’apprécier. “I will take you when you fall / I will answer when you call / I’ll always lend a hand when you need a friend / My love will never get old / it’s better than silver and gold”. Dans son message, cette chanson me rappelle énormément “DontChange” qui, 9 ans après sa sortie, est toujours dans mon top 3 des ballades de Musiq Souchild.

- “WaitingStill” : wow! là encore, le falsetto de Musiq Soulchild fait son petit effet. Il faut croire qu’il se sent à l’aise dans ce registre. Un mid-tempo avec une excellente base de guitare et une musique sur laquelle El DeBarge ou Babyface auraient pu chanter. Et toujours du sérieux dans les textes. “I do it for you, I do it for us, I do it so one day we can turn this love into a house and a home.  Where you will never have to be alone and I promise you I’ll make it, I will…I hope you’re waiting still.” En clair, il espère qu’elle l’attendra quoi qu’il arrive, que tout ce qu’il fait est pour l’avenir du couple… Bon, à toute la nouvelle génération de jeunots qui s’improvisent crooners >> écoutez et prenez exemple!

- “BackToWhere” : quand Musiq Soulchild combine R&B/neo-soul ça donne un morceau que je risque d’écouter en boucle ces prochaines semaines! J’ai bien aimé l’intro en gamme chromatique au piano que les fans de Donny Hathaway ne manqueront pas de comparer à celle de “A Song For You”. Difficile de faire plus ressemblant! Mais juste l’intro, parce qu’ensuite, c’est un excellent morceau R&B, quand Musiq répète les fins de phrase “back to where/ back back to where” puis “with you / with you/ with you”, on aurait dit une prod’ de The-Dream… en nettement plus haut de gamme!

- “DoWeHaveTo” : sans hésiter dans mon Top 3 de cet album. Tant par rapport à la mélodie que par rapport au thème, c’est le Musiq Soulchild que j’aime. Et hop, encore une intro à la Donny Hathaway (j’adore!) et “Do we have to fight all night / I just wanna love you”. En clair, faire marcher une relation sur le long-terme est suffisamment difficile pour qu’en plus l’un des deux (ici en l’occurrence, la femme) soit abonné aux disputes/scènes de ménage/prises de tête. Sérieusement, Musiq a tout compris!

- “BeFriends” : plus j’avance dans la tracklist, plus “MusiqInTheMagiq” marque des points. “No I don’t wanna be friends, ’cause I’ve already started loving you”. Tous ceux qui ont déjà été dans la “zone amitié” tout en espérant être plus que l’ami(e) de l’autre n’auront aucun mal à comprendre la situation de Musiq dans ce morceau 100% neo-soul qui passe vraiment bien.

- “Yes” : le 2ème single officiel est, comme “LoveContract”, produit par ELEMENT. Quand Musiq a décidé de s’engager durablement dans la relation, on peut être sûr qu’il tiendra ses promesses. “When 2 or 3 years from now, you start having some doubts about if this love will last, the answer is Yes,” / “Cause I love you, all I care about is your hapiness, so the answer is Yes”. WOW!

- “Medicine” : musicalement, je pense que ce morceau aurait pu être placé juste après “BeFriends”. A ce niveau de l’album, je ne perçois aucune connotation sexuelle quand il chante “Turn the lights, down low /  find some music, turn off your phone / come to me, let me be your medicine / I can be your medicine”. Ça reste cohérent avec le reste de la tracklist. J’apprécie d’entendre la voix de Musiq assurer toute la partie mélodique sur une instru minimaliste.  “SoBeautiful” a trouvé son successeur version 2011!

- “LikeTheSun” : ça aurait pu mais non, ce n’est pas une production de Ryan Leslie. Juste une nouvelle direction musicale testée par Musiq. Le synthétiseur et les effets futuristes, pas trop mon truc mais c’est bien au-dessus des autres titres actuels similaires à ce style (Drake, Chris Brown, si vous me lisez). Un trip expérimental qu’il risque de renouveler sur ses prochains albums. Enfin, tant que ça reste de l’extra (1 morceau par album, pas plus!)…

Bref, “MusiqInTheMagiq” est à la fois la continuité et le renouveau de ses prédécesseurs. Dans un premier temps, je l’ai entamé en ayant déjà une idée préconçue de ce que j’attendais de l’album. Donc forcément surprise par certains titres. Mais ce 6ème opus vaut le détour, plus je l’écoute, plus je l’apprécie. Le grand absent de la trackliste finale est, à mon avis, le titre “Alphabet”, qui circulait pourtant depuis mars. N’y avait-il vraiment aucune place pour ce morceau? (n’est pas non plus dans l’édition Deluxe ni l’édition iTunes…)

Les autres grands absents qui font que “MusiqInTheMagiq” n’aura sans doute pas le statut de “classique” ou “référence” comme “Aijuswanaseing” ou “Juslisen”: les collaborateurs de longue date, le duo Ivan Barias & Carvin Haggins à l’origine de quelques-uns de ses meilleurs titres (et ultra présents sur les 4 premiers albums!), ainsi que le producteur James Poyser qui aurait pu, lui aussi, apporter sa touche pour faire de l’album un classique incontournable.

Tracklist :

1.Anything (featuring Swizz Beatz)
2.Single
3.SayIDo
4.LoveContract
5.Silver&Gold
6.WaitingStill
7.BackToWhere
8.Dowehaveto
9.Befriends
10.Yes
11.Medicine
12.LikeTheSun

httpvp://www.youtube.com/view_play_list?p=C3274CD691704D78

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Kelly Price – Kelly (mai 2011)

Posté le 03 May 2011 par Mira

Lorsque Kelly Price sort “This Is Who I Am” en 2006, je pensais qu’il serait le 1er d’une longue série d’albums gospel. En fait, non. “Kelly”, son 6ème album studio, s’inscrit dans la lignée de ses précédents albums 100% R&B. Tour d’horizon de ce nouvel opus, dans les bacs depuis aujourd’hui, 3 mai.

Kelly Price est connue pour sa vibrante voix soul, qui m’a donnée des frissons depuis son premier album “Soul of a woman” en 1998. En plus de rappeler la puissance vocale d’une Aretha Franklin, elle écrit et compose aussi la plupart de ses chansons. Un talent artistique qui a beaucoup contribué à conserver un R&B authentique tout au long des années 2000. On pourrait croire que c’est largement suffisant pour occuper les premières places des charts, surtout quand on évolue au milieu de chanteuses aussi superficielles que dénuées de talent. Hélas… il faut croire que non.

Mais grâce à des albums comme “Kelly”, “MusiqinTheMagiq” (chronique à venir^^) ou “Fresh: The Definition”“7…” et “LN & EM” pour ne citer que les plus récentes sorties, j’ose espérer que le R&B, sous sa forme riche en émotions, en mélodies harmonieuses et en thèmes adultes joliment formulés, demeure plus vivant que jamais.

Après la parenthèse gospel de 2006, Kelly Price revient au R&B de ses débuts en s’entourant de Warryn Campbell (spécialisé gospel/R&B et mari d’Erica Atkins du duo Mary Mary) et Shep Crawford, collaborateur de longue date et qui, une fois encore, ne me déçoit pas avec ses ballades!

Et ça commence dès les premières secondes de “Tired”, le premier single, Kelly Price retient déjà mon attention. Avec la combinaison violon/piano, d’emblée elle met la barre haute. Je sens sa douleur monter crescendo. D’autant que les textes évoquent ras-le-bol, lassitude et frustration, de quoi donner à Kelly Price la possibilité de mettre sa voix en avant. Sans en ternir l’émotion qui s’en dégage. C’est ce que j’avais reproché à Jennifer Hudson dans “I Remember Me”, ce qu’elle a gagné en maîtrise vocale, elle l’a perdu en émotion. Ouf, Kelly a su jongler entre les deux!

Dans le 2ème single, “Not My Daddy” aux côtés de Stokley Williams, c’est Mint Condition en entier qui s’invite dans le morceau tant l’empreinte musicale du groupe est marquée. Cette ballade, qui figure aussi dans “7…”, met en scène un couple qui fait ce qu’il peut pour sauver une histoire sur le déclin… s’ils décident vraiment de se battre pour elle. Complicité vocale évidente entre Stokley et Kelly, frissons garantis. Sans hésiter mon titre préféré de l’album.

Quant à “And You Don’t Stop”, Kelly Price et Warryn Campbell ont samplé l’instru du morceau funky/disco 70s “Galaxy” de War, et l’ont couplé à savant mélange de rythme latino/funk/jazz improvisé et les violons (arrangement sympa!) pour un résultat uptempo entraînant… que j’aime beaucoup! (même si j’avoue qu’à la base, je voulais surtout m’attarder sur les ballades).

Et les ballades, je suis servie avec Kelly Price, clairement dans son élément à travers les morceaux, “Himaholic”,“I’m Sorry” et “The Rain”.

Dans “Himaholic”, vous l’aurez compris grâce au titre, Kelly Price est accro à “lui”, l’admet et voudrait s’en désintoxiquer. J’aime énormément l’ambiance du morceau dont l’intro me rappelle “Friend of mine”. Produite par Shep Crawford, “I’m Sorry” sonne comme la chanson-remède à “Himaholic”. Elle s’est peut-être laissée maltraiter, mais elle se pardonne à elle-même pour mieux tourner la page. Je pense que la ballade est réussie en grande partie grâce aux textes.

Initialement prévue pour faire partie de la bande originale du film “Precious”, “The Rain” est à la fois très bien écrit et riche en émotions. Kelly Price entame sereinement la première moitié de la ballade et exprime ensuite son style gospel dans le bridge. Frissons garantis, la sincérité de Kelly ne fait aucun doute! (âmes sensibles, attention!)

J’ai aussi bien apprécié la vibe 70s de “Vexed” mais surtout l’ambiance très 80s de “Speechless” qui n’est pas sans rappeler le beat des hits représentatifs des années 80 : Shalamar sur “A night to remember” (mais pas que. Leurs autres tubes aussi!) ; The Whispers (“Tonight” mais pas seulement) ; Midnight Star dans “Midas Touch”… Bon, vous voyez où je veux en venir ;)

Gros coup de cœur pour le léger “You Don’t Have To Worry”, une autre prod’ Shep Crawford, pas étonnant que ça m’ait plu dès la 1ère écoute! “Get Right or Get Left” termine l’album avec la touche spéciale soul des années 60s, la chanteuse suit les traces d’Aretha Franklin dans ce morceau. Du Kelly Price “classique” tout en étant musicalement varié (contemporain, 60s, 70s, 80s, uptempo, ballades, duo), le tout délivré avec passion. Les arrangements sont superbes, les instruments mis en valeur. Pas de doute, l’étendard “real R&B” est fièrement porté tout au long de l’album. MERCI “Kelly”.

Tracklist :

1. Tired
2. And You Don’t Stop
3. Not My Daddy (featuring Stokley des Mint Condition)
4. Himaholic
5. I’m Sorry
6. The Rain
7. Vexed
8. Speechless
9. Feels So Good
10.You Don’t Have To Worry
11.Lil Sumn-Sumn
12.Get Right or Get Left

Il manque 2/3 titres dans la playlist, j’uploaderai quand Youtube ne les bloquera plus :(

httpvp://www.youtube.com/view_play_list?p=FDF2A715445DAA05

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